L’épreuve d’HGG Ecricome 2026 (géopo, Histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain, ou HGGMC) s’est déroulée le mercredi 15 avril 2026 de 8h à 12h. Coefficient lourd, format hybride dissertation et carte, l’HGG est l’une des épreuves qui font le plus la différence au concours Ecricome. Retrouvez ci-dessous les sujets HGG tombés cette année, le format officiel de l’épreuve et les conseils issus du rapport de jury Ecricome.
Les sujets d’HGG Ecricome 2026 (géopo)
Ecricome a proposé cette année deux sujets d’HGG au choix, dans la continuité du format rodé depuis 2023 : un sujet adossé à un corpus cartographique sur une aire régionale, et un sujet plus généraliste construit autour d’un dossier documentaire.
Sujet 1 d’HGG : Les États-Unis et l’Amérique du Nord
Le sujet 1 de géopo Ecricome 2026 était un sujet à cartes portant sur les États-Unis et l’Amérique du Nord. Les candidats disposaient de deux cartes :
- Carte 1 : « Du Groenland au Canada, Washington verrouille sa frontière polaire » (Groupe Les Echos, Le Parisien, 9 avril 2025) ;

- Carte 2 : « La frontière Sud du Mexique : avant-poste du contrôle migratoire en Amérique du Nord » (diploweb.com, juin 2025).

Les trois questions à traiter avant la dissertation d’HGG étaient :
- Comment peut-on expliquer l’intérêt croissant des États-Unis pour le nord du continent américain ?
- Dans quelle mesure peut-on néanmoins nuancer le titre de la carte 1 ?
- Quelle place et quel rôle le Mexique a-t-il dans la politique migratoire des États-Unis ?
Un sujet d’HGG très ancré dans l’actualité du second mandat Trump : verrouillage de la frontière polaire (Groenland, Arctique, Canada), externalisation du contrôle migratoire vers le Mexique, application CBP One et rôle de la COMAR. Ce sujet de géopo mobilisait la notion de puissance américaine revisitée, la géopolitique des ressources arctiques et la dimension sécuritaire de la frontière Sud.
Sujet 2 d’HGG : Du Tiers-monde au « Sud global », une unité impossible ?
Le sujet 2 d’HGG Ecricome 2026 était un dossier documentaire intitulé « Du Tiers-monde au Sud global : une unité impossible ? », appuyé sur quatre documents :
- Document 1 : graphique comparatif du PNB par habitant des pays du Tiers-monde et des pays développés entre 1750 et 1990 (travaux de Paul Bairoch, 1994) ;

- Document 2 : évolution des différentes désignations des pays en développement dans les publications rassemblées par Google Books, via Ngram Viewer (Héran, 2015) ;

- Document 3 : évolution de la part du PIB mondial des BRICS et du G7 (Le Grand Continent, 23 octobre 2024) ;

- Document 4 : le poids mondial des BRICS et d’une partie des nouveaux membres du groupe en 2024.

Les trois questions d’HGG à traiter étaient :
- Comment expliquer la trajectoire économique du Tiers-monde par rapport aux pays dits développés, de 1913 au début des années 1990 ?
- Quelles sont les causes de la désaffection de l’emploi du concept de « Tiers-monde » souligné par le document 2 ?
- Comment les BRICS élargis pèsent-ils dans le monde et en quoi cela pourrait-il affaiblir la recherche d’unité d’un « Sud global » ?
Un sujet d’HGG très attendu sur la recomposition du système-monde, le déclassement relatif du G7, la montée des BRICS+ (avec Arabie saoudite, Iran, Émirats, Égypte, Éthiopie intégrés) et la question de la cohésion idéologique et économique du « Sud global ». Ce sujet de géopo appelait à mobiliser Bandung, les Non-alignés, les théories de la dépendance, la NDIT, puis les trajectoires divergentes des pays émergents depuis les années 2000.
Analyse des sujets d’HGG et pistes de réflexion
Voici nos pistes de travail structurées pour traiter chacun des deux sujets d’HGG Ecricome 2026, avec problématiques possibles, plans en trois parties, auteurs et exemples mobilisables. L’objectif est de vous donner un squelette à adapter selon votre propre culture géopolitique.
Note importante
Les éléments proposés ci-dessous sont des pistes de réflexion personnelles rédigées par la rédaction de Prépa ECG. Ils ne constituent pas un corrigé officiel et doivent être confrontés au corrigé Ecricome lorsque celui-ci sera publié sur le site du concours.
Pistes pour le sujet 1 d’HGG : Les États-Unis et l’Amérique du Nord
Accroche possible : le 4 mars 2025, Donald Trump réitère devant le Congrès sa volonté « d’une manière ou d’une autre » de prendre possession du Groenland, quelques semaines après l’imposition de droits de douane sur le Canada et le Mexique. Ces annonces traduisent une redéfinition profonde du rapport des États-Unis à leur voisinage continental.
Problématique suggérée : en quoi la recomposition contemporaine des frontières nord-américaines traduit-elle une nouvelle doctrine de puissance américaine, entre verrouillage polaire au Nord et externalisation du contrôle migratoire au Sud ?
I. Une arrière-cour continentale redéfinie : vers une doctrine Monroe du 21e siècle
- La fonte accélérée de la banquise (carte 1 : recul entre 1984 et 2024) ouvre de nouvelles routes maritimes (passage du Nord-Ouest) et donne accès aux hydrocarbures et terres rares arctiques.
- Le projet d’acquisition du Groenland, la pression tarifaire sur le Canada, l’usage rhétorique du « 51e État » traduisent une volonté d’extension du périmètre de souveraineté nord-américaine.
- Le dispositif NORAD, le North Warning System et les exercices OTAN en Arctique depuis 2018 structurent un arc militaire allant de l’Alaska à la Norvège.
II. Une frontière Sud militarisée et externalisée vers le Mexique
- Depuis la politique « Remain in Mexico » (2019), puis la suspension de CBP One en janvier 2025, le Mexique est devenu l’avant-poste d’un contrôle migratoire externalisé (carte 2 : militarisation de la frontière Sud mexicaine).
- La COMAR traite un nombre record de demandes d’asile centraméricaines et haïtiennes, avec des moyens limités mais une coordination accrue avec les agences américaines.
- La Garde nationale mexicaine est déployée le long du Suchiate dès 2019, sous pression tarifaire de Washington.
III. Les limites d’un verrouillage : contestations, concurrences, contradictions
- La présence militaire et économique russe (route maritime du Nord, Rosatom) et chinoise (Silk Road polaire, investissements en Islande et au Groenland) conteste le monopole américain dans l’Arctique.
- Le Canada de Mark Carney et le Danemark opposent une fin de non-recevoir diplomatique au projet groenlandais ; les élections parlementaires groenlandaises de mars 2025 ont renforcé les partisans d’une indépendance sans annexion.
- L’économie américaine reste structurellement dépendante des flux migratoires (agriculture, construction, services) : le verrouillage se heurte aux besoins de main d’œuvre.
- Le protectionnisme tarifaire contredit le cadre USMCA renégocié en 2020 et fragilise l’intégration continentale.
Références clés à mobiliser en HGG : M. Foucher (Fronts et frontières, L’obsession des frontières), S. Kempf (Géopolitique des États-Unis), L. Carroué (Atlas géopolitique mondial), B. Tertrais (Le choc des régions), Le Grand Continent et Diplomatie pour l’actualité récente.
Pistes pour le sujet 2 d’HGG : Du Tiers-monde au « Sud global »
Accroche possible : au sommet de Kazan en octobre 2024, les BRICS élargis (Iran, Émirats, Égypte, Éthiopie, Arabie saoudite) pèsent désormais 36 % du PIB mondial en PPA, contre 29 % pour le G7. Cette bascule statistique n’efface pas les tensions intestines qui traversent ce « Sud global » revendiqué.
Problématique suggérée : le passage sémantique du Tiers-monde au Sud global traduit-il une véritable recomposition des hiérarchies internationales, ou masque-t-il la persistance, sous de nouvelles formes, de fragmentations profondes entre pays dits du Sud ?
I. Le Tiers-monde, une catégorie née de la bipolarité et disqualifiée par la divergence des trajectoires (1945-1990)
- Le terme, forgé par Alfred Sauvy en 1952, s’inscrit dans une logique de « troisième voie » (Bandung 1955, mouvement des Non-alignés, CNUCED 1964, NOEI 1974).
- Dès les années 1970, la divergence des trajectoires rend l’unité introuvable : NPI asiatiques, pétromonarchies du Golfe, PMA africains enlisés (document 1 : décrochage en ciseau du PNB par habitant entre 1913 et 1990 selon Bairoch).
- La chute du bloc soviétique en 1991 prive le concept de son référent géopolitique initial : le Ngram Viewer (document 2) montre l’effondrement des occurrences « Tiers-monde » après 1990.
II. L’émergence des BRICS et la montée en puissance d’un « Sud global » pluriel (2000-2025)
- L’acronyme forgé par Jim O’Neill (Goldman Sachs, 2001) donne une armature au rattrapage économique des grands émergents ; le sommet d’Ekaterinbourg (2009) l’institutionnalise politiquement.
- Convergence statistique : la part des BRICS dans le PIB mondial passe de 20 % en 2000 à 36 % en 2024 (document 3), avec un rôle central de la Chine, de l’Inde et de la Russie.
- L’élargissement de janvier 2024 (Iran, Émirats, Égypte, Éthiopie, Arabie saoudite) renforce la revendication d’un « Sud global » porteur de valeurs alternatives à l’ordre libéral (document 4 : BRICS+ et poids mondial).
III. Les fractures internes qui rendent l’unité improbable
- Rivalités stratégiques majeures : Chine-Inde sur l’Himalaya et les infrastructures du BRI, Arabie saoudite-Iran sur le leadership régional, Brésil-Argentine sur le rôle économique sud-américain.
- Divergences face à la guerre en Ukraine : la Russie, la Chine et l’Iran votent contre la condamnation à l’ONU, quand le Brésil et l’Afrique du Sud s’abstiennent, l’Inde oscille.
- Fragmentation économique et sociale : entre pays rentiers (Émirats, Arabie), émergents industriels (Chine, Inde) et PMA (Éthiopie), les intérêts divergent massivement, de la dette souveraine aux terres rares.
- La volonté de « dédollarisation » reste largement rhétorique : le yuan représente encore moins de 5 % des réserves mondiales en 2024.
Références clés à mobiliser en HGG : A. Sauvy (1952), S. Amin (Le développement inégal), P. Bairoch (Victoires et déboires, document 1), B. Badie (L’hégémonie contestée, Le temps des humiliés), C. Jaffrelot (L’Inde contemporaine, L’Inde de Modi), J. Stiglitz (La Grande Désillusion), Le Grand Continent (dossier Sud global 2024), Atlas CEPII.
Date, durée et format de l’épreuve d’HGG (géopo) Ecricome 2026
L’épreuve d’HGG Ecricome 2026 s’est tenue le mercredi 15 avril 2026, de 8h à 12h, sur une durée de 4 heures. Elle s’adresse aux candidats de la voie ECG ayant choisi HGG (HGGMC, géopo) en matière d’analyse géopolitique.
Une épreuve d’HGG construite autour de deux sujets au choix
Depuis plusieurs années, Ecricome propose systématiquement deux sujets d’HGG parmi lesquels le candidat doit choisir :
- un sujet à cartes, régionalisé, accompagné de trois questions ciblées sur les enjeux des documents ;
- un sujet à dossier documentaire, plus généraliste et transversal, également accompagné de trois questions.
Dans les deux cas, la consigne est identique : démarrer l’épreuve d’HGG par les réponses aux questions en deux pages maximum, puis poursuivre par la dissertation. Le commentaire de questions compte pour un quart de la note finale : un exercice à ne surtout pas négliger.
Rappel des sujets d’HGG Ecricome 2025
Pour situer les sujets d’HGG 2026 dans la continuité des années précédentes :
- Sujet 1 : « L’eau douce, enjeu de développement durable et de paix ? »
- Sujet 2 : « Construire l’Europe de la défense depuis les années 1950 » (avec carte)
Conseils du jury Ecricome pour réussir l’épreuve d’HGG (géopo)
Le rapport de jury Ecricome insiste sur plusieurs points qui reviennent chaque année dans l’évaluation des copies d’HGG. Voici les attendus à intégrer impérativement à votre préparation.
Construire une véritable démonstration, pas un étalage de connaissances
Le jury d’HGG attend une véritable démonstration à travers la rédaction de la dissertation, et non un simple récital. La copie doit montrer la capacité de l’étudiant à relativiser les données et à adopter une attitude critique face au sujet. Multiplier les exemples sans les hiérarchiser ni les exploiter pour servir une thèse est sanctionné.
Soigner la problématisation et l’analyse des termes
Le jury attend une vraie problématisation fondée sur une analyse précise des termes du sujet, de ses bornes chronologiques et géographiques. La simple reproduction de la question du sujet ne suffit pas à explorer toutes les pistes, et une avalanche de questions tous azimuts ne peut faire office de problématique. Plus l’annonce du plan en fin d’introduction est précise, plus le correcteur comprend où va le candidat. Les phrases d’accroche doivent être en lien direct avec la problématisation, pas plaquées artificiellement.
Intégrer les trois composantes : Histoire, Géographie, Géopolitique
L’épreuve s’appelle HGG (HGGMC) et le jury attend que les copies croisent réellement les trois dimensions : profondeur historique, ancrage géographique précis, lecture des rapports de force géopolitiques contemporains. Une copie d’HGG purement événementielle ou purement descriptive est pénalisée.
Ne pas bâcler le commentaire de documents en HGG
C’est le conseil le plus stratégique : les trois questions représentent un quart de la note de l’épreuve d’HGG. Mal traitées, elles renvoient immédiatement une mauvaise image au correcteur. Bien traitées, elles permettent de faire la différence vis-à-vis des autres candidats. Exploitez la légende, hiérarchisez les figurés cartographiques, reliez systématiquement vos observations aux dynamiques géopolitiques étudiées en cours, et ne tombez pas dans la paraphrase des documents.
Préparer la suite du concours Ecricome 2026
Retrouvez l’ensemble du programme, le calendrier détaillé et tous les autres sujets 2026 sur notre dossier dédié Concours Ecricome 2026, et préparez sereinement chacune des épreuves restantes.



