Sans crier gare, l’EDHEC a révélé en cette fin novembre 2025 un tout nouveau logo. Passionnée par le branding, l’équipe de PrépaECG se permet de vous livrer son analyse de « branding comparé ». En mettant côte à côte l’ancien logo (l’héritage) et le nouveau (l’ambition), on comprend instantanément que l’EDHEC ne change pas juste d’image, mais de paradigme.
De l’homme en marche à l’impact collectif : la métamorphose de l’EDHEC
Dans la vie d’une institution plus que centenaire, changer de logo n’est jamais anodin. C’est un acte de rupture. En abandonnant sa célèbre sculpture de « l’homme en marche » de Nathalie Decoster, sculptrice française, pour une identité visuelle davantage abstraite et technologique, l’EDHEC Business School amorce une transition entre deux époques : celle de l’individu humaniste et celle du collectif digital.
Un ancien logo EDHEC centré sur l’humanisme « à la française »

L’ancien logo était un emblème de la tradition des Grandes Écoles françaises.
Le symbole (la sculpture) : L’œuvre de l’artiste Nathalie Decoster représentait un personnage filiforme marchant à côté d’un cercle. C’était une vision philosophique et littéraire. Elle symbolisait le parcours de l’étudiant, l’introspection, l’équilibre et le temps long. C’était une approche centrée sur l’individu : « Je me construis ».
La typo : Une police à empattements (Serif), classique, fine et élégante. Les empattements évoquent l’histoire, le livre, le savoir académique traditionnel et le prestige institutionnel.
C’était un logo statutaire, culturellement très « français », qui racontait une histoire de développement personnel.
Le nouveau logo EDHEC, digital et collectif !

Le nouveau logo fait table rase de la figuration pour embrasser l’abstraction et l’efficacité.
Le symbole (le cercle pixelisé) : l’homme a disparu. À la place, une mosaïque de formes géométriques représentant des individus, qui forme un cercle dynamique. Ce n’est plus l’individu seul que l’EDHEC met en avant mais plutôt la force du collectif. Les multiples facettes représentent la diversité des étudiants, des alumni et des partenaires qui s’unissent. L’aspect « pixelisé » ou « fragmenté » ancre immédiatement l’école dans la Data, la Tech et le Digital.
La typo : une police sans empattements (Sans Serif), grasse, massive et géométrique. On quitte le monde du livre pour celui de l’écran. C’est une typo faite pour être lue sur un smartphone, sur LinkedIn, sur un panneau publicitaire à Shanghai. Elle exprime la solidité et la modernité.
La baseline, le slogan : « UNLEASH TOMORROW » en gras ! Le verbe « Unleash » (libérer/déchaîner) est beaucoup plus agressif et activiste que la marche tranquille de l’ancien logo et l’ancienne approche classico-classique « Make an Impact »
Une comparaison entre les deux
| Élément | L’ancien logo | Le nouveau logo |
| Philosophie | L’Individu (L’homme seul face à son destin) | Le Collectif (Une somme de talents connectés) |
| Style | Artistique & Littéraire (Sculpture, finesse) | Tech & Corporate (Géométrie, Data, pixels) |
| Lisibilité digitale | Faible en petit format (traits trop fins) | Optimale (Logo « Responsive » et compact) |
| Couleur | Rouge vif et Gris (Code classique) | Pourpre profond / Prune (Code « Luxe » & « Premium ») |
| Cible | Culture française / Européenne | Marché Mondial (Anglo-saxon / Asie) |
Pourquoi l’EDHEC adopte ce nouveau logo
Cette transition répond à trois impératifs stratégiques pour l’EDHEC :
La « guerre » de l’international : À Londres, Singapour ou New York, la sculpture de Nathalie Decoster était parfois mal comprise ou perçue comme trop « artsy ». Le nouveau logo utilise les codes universels des grandes universités technologiques et des marques globales.
La priorité au digital : L’ancien logo « bavait » ou devenait illisible quand il était réduit en tout petit (favicon, photo de profil Insta). Le nouveau symbole, compact et gras, est conçu pour « popper » sur les réseaux sociaux.
Le changement de mission : L’école ne veut plus juste « former des têtes bien faites » en tant que simple business school, qui disparaît d’ailleurs du logo. Avec son plan stratégique, elle veut former des acteurs qui vont résoudre les problèmes du monde (climat, tech, société). On passe d’une posture de réflexion (le marcheur) à une posture d’action (le cercle dynamique).
En remplaçant son marcheur solitaire par une mosaïque collective, l’EDHEC fait le deuil d’une certaine forme de romantisme académique. C’est un choix risqué sur le plan émotionnel (les anciens élèves étaient très attachés à la sculpture), mais c’est un choix redoutablement rationnel sur le plan stratégique !
L’école sacrifie la poésie pour la puissance. Elle ne veut plus être une « Grande École de Commerce française », mais une marque d’éducation mondiale.
« A travers cette nouvelle signature, nous souhaitons affirmer notre modèle de liberté intellectuelle, financière et académique. ‘Unleash Tomorrow’, c’est également un appel à accentuer la dynamique collective que nous avons engagée de longue date, pour proposer de nouvelles manières de chercher, d’enseigner, d’entreprendre et de manager. A l’EDHEC, nous ne voulons pas former pour reproduire, mais pour libérer les esprits et les pratiques », explique Emmanuel Métais, Directeur général de l’EDHEC Business School.







